Le Saussinet

n°20

Janvier 2013

10260 - Rumilly-lés-Vaudes

                                                       

Un mois, un vitrail

L’église Saint-Martin de Rumilly compte 29 fenêtres à meneaux ; 12 occupent les chapelles latérales et la sacristie, cinq s’élèvent sur presque toute la hauteur de l’édifice et neuf l’éclairent au niveau des voûtes de la nef.

Le grand livre du vitrail, ouvert devant les yeux de nos grands-parents n’est plus ce qu’il était autrefois, dans lequel ils ont trouvé l’enseignement de l’ église, dans lequel ils ont trouvé le rêve et bien évidemment l’espérance. Bien des pages de ce livre ont été arrachées, victimes des ouragans, criblées par la grêle, détruites par l’incendie de l’an VI, et aussi faut-il l’avouer, dégradées par la malignité des humains et encore, bien souvent,oubliés des responsables de l’édifice.
(Le chanoine Lalore dans le compte rendu de sa visite épiscopale de 1886 écrit : ...et il faut le dire, par suite de l’incurie des fabriciens).

C’est un livre qui nous est donc transmis, incomplet mais qui, fort heureusement, en a conservé quelques beaux feuillets, de magnifiques pages en couleur qui méritent toute notre attention.

La première chapelle a encore posséder des vitres de couleur est celle qui est dédiée à Saint Claude.

Quand, après la guerre de 1939-1945, nos verrières nous furent restituées, certains fragments ont été regroupés en un unique tableau. C’est ici le cas.

De l’histoire de saint Claude nous reste le panneau du haut et celui qui occupe le bas du vitrail.

Les trois personnes de la Trinité, vêtues toutes trois de rouge, sont représentées dans le médaillon supérieur.

Au-dessus du registre, en haut à droite, on peut lire :
Après qu’il but très saintement de l’eau jusqu’à vieillesse et le monde vaincu
Son âme prit riche habitacle.
Et ses vertus font en terre miracles.

 

Est-ce l’un de ces miracles qui est relaté sur le panneau qui se trouve juste au-dessous ? L’événement est constaté par un groupe de donateurs.

A gauche, l’inscription note :

Et néanmoins qu’il aimât servir Dieu simple religieux que d’être abbé.
Divine élection le fit abbé hors de son intention

La peinture traitée en grisaille comme la précédente fait valoir l’or des mitres, crosse et franges du vêtement en opposition avec la modestie avouée du saint.

Il est représenté assis, un livre sur ses genoux.

Deux évêques élèvent au-dessus de sa tête la mitre, insigne de ses nouvelles fonctions.

(Au portail de l’église, l’une des statues représente saint Claude avec sa mitre à ses pieds)

Au registre médian, à gauche, on reconnaît saint Luc grâce au boeuf couché près de lui.

Comme la précédente, cette scène est traitée en grisaille. Certain pensent que ces deux fragments sont attribués à Linard Gonthier (1575-1642) ce qui paraît peu probable.

En revanche il est certain qu’il en a assuré la restauration comme en témoignent les comptes de la Fabrique.

A été payé à Linard Gonthier, maître verrier demeurant à Troyes, la somme de 40 livres tournois pour avoir racoutré les verrières de la dite église comme appert sa quittance du 8 juillet 1615.

Le panneau de droite a été offert à l’église par Jean de Gand, seigneur de la Motte-Rumilly.

Il représente le donateur accompagné de Bernarde Le Bégat sa femme, de leur fils et de leurs six filles.
Saint Jean-Baptiste les accompagne qui tient l’agneau sur son avant-bras.

En partie basse, à droite, les donateurs sont agenouillés ; ils contemplent la Vierge occupée à langer l’enfant Jésus. La légende nous apprend qu’...one (honnête personne?) femme de Naudin- Dossot a laissé par testament cette verrière en 1527. Elle nous invite à prier Dieu pour les bienfaiteurs de céans et pour les trépassés

Les armes de ce petit seigneur se lisent : D’azur à la bordure d’or au chef d’argent chargé de trois merlettes de sable.

Celles de son épouse, enfermées dans un losange sont  De sable à la croix engrêlée d’argent avec une étoile à six branches d’or au canton dextre du chef.

 

La décharge des Colons

En 1993, le maire de Rumilly qui avait été informé qu’une décharge d’ordures ménagères - et autres - était en projet lieudit aux Colons c’est à dire en limite de la forêt de Rumilly, ( bien qu’en cet endroit la ville de Troyes ait déjà auparavant déposé quelques tonnes de déchets ménagers), fit connaître hautement son désaccord. Ce qui décida l’initiateur de l’entreprise, M. Chazelle, à l’inviter à dîner pour, avec lui, en discuter.
Une offre bien évidemment déclinée.

Ce lieudit, au territoire des Loges-Margueron, jouxte la forêt de Rumilly. Pour y accéder, il est possible, de Troyes, de  prendre la direction de Chaource ou celle de Rumilly.
Étaient donc intéressées par ce projet plusieurs communes limitrophes du site. Elles ont ensemble, su prendre conscience des dangers que pouvait présenter un tel projet : destruction d’un site naturel et passage journalier de camions sur les rues de nos villages.

Un comité de défense de la forêt s’est constitué qui a lutté pour finalement obtenir satisfaction.

(Dossier déposé aux Archives départementales de l’Aube).

 

La digue du “sureau”

C’est une curieuse expression que cette « digue du sureau » un terme qu’on trouve dans les délibérations du conseil municipal des années 1800, page 52 du registre : « L’Hozain déborde : il est nécessaire de rendre à la rivière un niveau convenable, ceci en élevant la digue du sureau…”.

Un « sureau » qui n’a rien à voir avec l’arbre du même nom mais qui concerne le niveau auquel peut atteindre l’eau d’un cours d’eau qui, comme celui de l’Hozain change de cours et se déverse en un autre canal.

A Rumilly cette digue permettait de régulièrement alimenter les deux moulins en gardant constant le niveau de la fausse rivière.

En réalité cette digue est une pierre, une vanne, un barrage qui régule la hauteur d’un cours d’eau, maintenant celle-ci de façon à ce qu’elle puisse faire fonctionner les roues d’un moulin de façon régulière.

Et que l’on devrait donc écrire “sur-haut” ou mieux encore,“surhaut”».

 

On dansait à la récréation. (Complément)

Le dônage était au temps où déjà, les mariages étaient pour les familles, l’occasion de rassembler par exemple un lopin de terre avec un autre ou de conforter un métier artisanal ou un commerce local. Les jeunes concernés par cet accord entre familles pouvaient n’être pas tout à fait consentants.

Chaque année, à l’occasion de la fête de je ne sais plus quel(le) saint(e) les jeunes se divisaient en deux groupes, en deux points élevés du village d’où ils pouvaient s’entendre, criant à tue-tête bien entendu.

A l’un de proposer, à l’autre de répondre.

Du premier groupe : « A qui donnez-vous une telle ? » A l’autre de faire état de son choix.

De cette coutume est restée à l’école de Rumilly, dans les années quarante, un jeu chanté pratiqué pendant la récréation.

Deux rangées se faisaient face. Chacune à son tour avançait vers l’autre qui reculait en chantant :

« A quel époux la donnerez-vous
La mie, la Madeleine ?
Nous lui donnerons : (prénom et nom)
En ce cas-là nous refusons (nous acceptons) la mie la Madelon. »

Si la proposition était validée, celui qui était ainsi désigné changeait de rangée… Qui s’en souvient ?

 

à noter :

Une nouvelle association de promotion de notre patrimoine local vient de naître :

le Syndicat d’Initiative du Vaudois, 24 rue Georges Furier,  10260 - mairie de Saint-Parres-lés-Vaudes, .

adresse du site : http://www.si-du-vaudois.com/#!contact-us/cyha
 

Bienvenue et bon travail pour le bien et le bon de nos communes vaudoises

 

 

Retrouvez  le SAUSSINET

au Café-Restaurant du Manoir à Rumilly-lés-Vaudes

et  sur le site internet : http://jean.daunay.free.fr