Le Saussinet

n°32

Janvier 2014

10260 - Rumilly-lés-Vaudes



Histoire de Rumilly (suite)

Quoi qu’il en soit, grâce à Jean Colet, un nouveau monument va naître. Notre chanoine et official obtient du nouvel évêque Odard Hennequin,  qui arrive de Senlis avec son architecte Chambiges, un sérieux appui. D’autre part, on a dit que chaque hiver, il a parcouru une province différente de France et qu’il y a sollicité les dons pour la construction de son église. Pour cela, il a fait état des indulgences offertes par la bulle qu’était allé chercher à Rome son frère Jacques.
Non pour prêter la main à la conservation de l’église ancienne comme il est indiqué dans cette bulle de 1493 mais pour aider à la construction d’un nouveau monument, celui qui est nôtre aujourd’hui.

Six ans sont passés depuis qu’a été posée la première pierre, la construction de l’édifice doit être en grande partie réalisée.
Jean Colet l’a fortement voulu, lui qui s’est fait de nouveau représenter, en prière, avec saint Jean son patron, sur le côté droit de ce livre des chrétiens qu’est le retable : trois pages comportant chacune de nombreux alinéas.
Trois pages en relief, magnifiquement peintes, mettant en scène 70 personnages de pierre.
  • A gauche le portement de croix.
  • A droite la résurrection.
  • Au centre la crucifixion..

Il est daté de 1533. Il a été peint en 1536.

En 1548, au temps toujours de l’évêque Odard Hennequin dont les armes portent “Vairé d’or et d’azur au chef de gueules chargé d’un
léopard d’argent”, le grand vitrail du transept est dressé. Il affiche : “Maître Jean Colet, prêtre, licencié en droit (sous-entendu :
canonique), chanoine et official de Troyes, natif et curé de Rumilly sur Vauldes, donna cette verrièe au mois d’avril 1548 devant Pâques. Priez Dieu pour lui.”
Devant Pâques. En ces temps là, l’année commençait à Pâques, Pâques qui, d’après les statuts synodaux commentés par Jean Colet tombe toujours “le tiers dimanche qui vient après les nones de mars” . Soit, en français actuel, le premier dimanche qui suit la pleine lune après
l’équinoxe de printemps. Donc, entre le 22 mars et le 6 avril.
Devant Pâques. L’année 1548 était donc déjà terminée alors que Pâques 1549, le premier jour de la nouvelle année n’était pas encore
affiché au calendrier.

- Au trumeau de la porte d’entrée de l’église, la plaque de consécration dit :
"L’an de grâce 1549 le dimanche 22ème et le lundi 23ème jours du mois de septembre furent par révérend père en dieu Me André Richer
évêque de Calcédoine vice gérent de noble et révérend aussy père en dieu et très illustre prince Me Loys de Lorrraine évêque de Troyes,
dédiés et consacrés cette dévote église et tous ses treize autels."
Deux évêques donc. Dont l’un, in partibus, évêque d’un pays païen dans lequel il n’est jamais allé, représentant le titulaire Louis de Lorraine, évêque en titre depuis l’âge de 18 ans.

Un grand merci à Jean Colet, natif et curé de Rémilly sur Vauldes, pour nous avoir légué une si importante et si belle église pour un village
de campagne comme le nôtre.

- Les propriétaires du château de la Motte, (cette enclave dans le domaine royal était fief des seigneurs de Plessis-Praslin) offrent un
vitrail à l’église, le vitrail Saint Claude sur lequel ils sont représentés.
Jean de Gand blasonne : D’azur à la bordure d’argent chargé de trois merlettes de sable et sa femme, De sable à la croix engrêlée d’argent avec une étoile au canton dextre du chef.
Ils sont accompagnés de leurs enfants.
Ces Degand se disent parents avec Jean de Gand dont on sait que celui-ci est devenu abbé de Saint Claude dans le Jura. Il semble qu’était forte à cette époque, à Rumilly, la dévotion à ce saint, la  statue qui le représente au portail, en est une preuve.

On peut imaginer le château de la Motte grâce à une description faite quelques cent ans plus tard :
  • basti de pierre, par le dehors environné de fossez plains d’eau.
  • Du côté de l’orient se présente le pont-levis.
  • A gauche est un grand corps de logis, en deux coins duquel sont deux petites tourelles,
    l’une de figure carrée, l’autre ronde. La face qui regarde le midi est un bâtiment de bois dans  lequel sont les fours, la laicterie et les escuries. Jusqu’au colombier qui fait l’un des coins de  ladicte maison.
  • Du dict colombier à tirer droit à une autre petite tourelle qui fait l’autre coin de la cour sont les seues à porc et les granges.
  • Et du côté du septentrion sont des bâtiments de bois, lesquels ont servi d’escuries et d’estables au bout desquelles est une petite tourelle en ruine qui fait l’autre coin.





Le macroglosse

    
On l’aura vu tout l’été ce curieux papillon qui, tel un hélicoptère,
s’arrêtait au niveau de chaque fleur pour en aspirer le suc de sa longue trompe.
D’où le nom de fleuze-bouquet que lui ont donné nos Anciens.



Village fleuri


Ils nous sont si familiers qu’on ne leur prête plus attention à ces massifs fleuris
qui ornent l’entrée du village et les abords du manoir et de l’église.
Faut-il rappeler qu’ils sont, depuis 25 ans, réalisés par une même personne (vous la reconnaîtrez)
qui oeuvre pour la plantation
, le désherbage, l’arrosage… très peu souvent aidée par quelques volontaires.

Ces massifs contribuent à faire de Rumilly un village agréable à fréquenter
et mettent en valeur nos deux monuments :  le Manoir et l’Église, qui sont la fierté de Rumilly.

Nos vieux mots.

lavocher : laver grossièrement
lansron : jeune porc
lanvo : orvet
j’seus lché : j’en suis à la dernière extrémité
laiclé : petit lait qui reste après la fabrication du beurre
légnet : liseron
licandoure : lacet
lichote : petite tranche
lian : lien pour les céréales
limbrète : petit morceau
laumée : herbe des bois
loro : loir
losrote : petite lampe
louvote : pou de bois
arbre macabri : formation nuageuse qui annonce l’orage

mâclote : boulette collée aux poils d’un animal

mâche : qualité du foin
macho : tas de foin
mâlo : bourdon, insecte
maloche : mailloche
mane : bourdonnement d’insectes dans l”air
marcaire : vacher
marcou : pièce du pressoir
marcouter : poser les marcous
marcujon : gesse tubéreuse
margotin : fagot de charbonnette
marochi : endroit boueux
massuèle : plante
mendigo : mendiant
mai : arbre déposé à la porte des jeunes filles le premier mai
mêler : se dit des raisins qui commencent à mûrir


Retrouvez  le SAUSSINET

au Café-Restaurant du Manoir à Rumilly-lés-Vaudes

et  sur le site internet : http://jean.daunay.free.fr