Le Saussinet

53

Novembre 2015

10260 - Rumilly-lés-Vaudes

 

L'école à Rumilly

de 1660 à l’an 2000

8° partie

Il est donc nécessaire de trouver le local qui va abriter cette nouvelle classe.

En juin 1883, le choix se porte sur la maison Lutel, (56) place du Turot. Le propriétaire fournira de l'eau de bonne qualité tandis que la commune établira, à ses frais, une clôture le long de la rivière. La ruelle qui longe la propriété prendra de ce fait le nom de Ruelle des Filles. (57)

Lorsqu'en 1883, le bail Lutel n'est pas renouvelé, le sieur Saget propose une autre maison lieudit Les Places. (58) Mme Michaut née Moncelle en prend possession avec ses élèves jusqu'en 1885, date à laquelle Melle Combray, (qui deviendra par la suite épouse Saget) la remplace. (59)

Cette école est fort bien pourvue en matériel scolaire. Pour 16 élèves, elle possède déjà 3 tables de 5 places chacune et elle en réclame une quatrième. (60) Des tables que connaîtront encore les élèves de l'école des grands dans les année 1940 et 50.

Dans le manoir des tourelles.

En 1885, Jules Royer, dont le séjour à Rumilly durera jusqu'en 1912, prend la direction de l'école de garçons. C'est lui, le premier, qui fera classe dans le manoir des Tourelles acheté en 1902 par la commune pour en faire sa mairie et une école de garçons. (61)

                         

Ce bel édifice du XVIème siècle, rénové vers 1530 par Pierre Pion, riche boucher troyen, a été longtemps dénommé “Manoir des abbés de Molesme” car bâti sur les terres de ceux-ci. La commune de Rumilly doit le sauver du  délabrement qui le guette. Sous la tutelle des Beaux Arts, elle procède notamment à d'importants travaux de charpente et de couverture. (62)

Une troisième fenêtre est ouverte au rez-de-chaussée afin d'améliorer l'éclairement de la salle de classe avant d'aménager le bâtiment en son intérieur. Dans la partie est, on met en place la classe avec, dans une tourelle, la réserve de bois de chauffage puis, à l'étage, la mairie est installée, et le secrétariat de mairie dans la tourelle attenant.

A l'ouest se situent les appartements du maître, cuisine en bas avec pompe sur l'évier et chambres au premier étage. Les cloisons de ce logement seront supprimées quand, de cette partie du 2ème étage, on fera la salle communale de spectacle.

Cette même année 1902 est créée la Caisse des Écoles, un organisme qui n'aura guère de moyens ni d'activités au cours des ans à venir. (63)

Jules Royer dirige cette classe des garçons à compter de 1904. Celle des filles, qui s'est installée dans l'ancienne maison commune à compter de cette date, est aux mains de Melle Eugénie Gauthier qui la tiendra jusqu'en 1915.

Georges Menneret succède à Jules Royer, de 1912 à 1924 avec, hélas, une interruption, le temps pendant lequel il est appelé aux armées remplacé par Melle Ledoux.

C'est elle qui vit l'heure de l'armistice ; il lui est annoncé par Louis Mégret, maire. Elle libère aussitôt les enfants en leur recommandant de crier “Vive la France” sur le chemin du retour.

On a dépensé, en 1911, 3457 francs pour clore la cour d'école, (64) devant le manoir, d'une vulgaire et affreuse grille qui, hélas, restera en place bien longtemps. En 1914, pour les cours du soir, on a recours à des lampes à pétrole. (65)

Georges Menneret reprend son poste d'instituteur-secrétaire de mairie. le 16 février 1919,  son écriture apparaît de nouveau sur le registre des délibérations du conseil municipal.

En mars 1924, un certain Bertin le remplace pour le secrétariat de mairie. (66)

A la rentrée, ce sont Henri Mothré et son épouse qui prennent en mains, le premier l'école de garçon et les écritures municipales, la seconde la classe des filles. L'éclairage électrique est installé l'année suivante à la mairie et dans les deux classes. (67) Quel progrès !

Cependant, le nombre d'élèves diminue ; Henri Mothré est obligé de s'expatrier à Saint-Parres où il va enseigner deux ans avant de reprendre sa classe à Rumilly, alors que se pose le problème de connaître s'il faut conserver les classes traditionnelles qui séparent garçons et filles ou bien penser qu'on puisse enseigner les petits d'une part et les grands d'autre part. Le conseil envisage la seconde solution et ose, en 1932, solliciter “la gémination de deux écoles spéciales”.(68)

L'administration refuse. Lorsque cette même administration “la provoque…trois ans plus tard, partout où c'est possible”, le conseil refuse par huit non contre deux oui. En juillet 1939 il revient à sa décision première de géminer les deux classes, étant donné “un afflux d'élèves et l'intérêt bien compris des enfants”.(69)


Notes :

44 - C.M. 10 févr. 1854.

45 - Rapport du curé Meunier

46 - C.M.

47 - (20, Route de Chaource) Cet ordre vient d'être fondé, à Pargues, par l'abbé Boigegrain.

48 - C.M., p. 48.

49 - C.M., p. 119.

50 - C.M., p. 227.

51 - C.M., p. 18 r

52 - C.M., p. 97.

53 - C.M. 29 sept. 1878.

54 - C.M, p. 390.

55 - C.M. 11 déc. 1881.

56 - C.M. 24 juin 1883. (11, Route de Chaource).

57 - C.M., p. 443. 26 nov. 1833

58 - C.M,. p. 103 12 mai 1883 (9 rte de Lantages)

59 - C.M., p. 13. 26 oct. 1885.

60 - C.M.., p. 28. 1886.

61 - C.M., p. 357. 22 juin 1902.

62 - Le manoir a été classé Monument historique, le 22 mai 1903.

63 - C.M., p. 354.

64 - C.M., p. 45. 1er oct. 1911.

65 - C.M., p. 129.

66 - C.M., p. 264.

67 - C.M., p. 296. 14 août 1925.

68 - C.M., p. 340. 20 nov. 1932.

69 - C.M., p. 563. 16 juillet 1939

Le surhaut qu’est-ce ?

Lorsque les Abbés de Molesme reçoivent du comte de Champagne la terre de Rumilly, ils oeuvrent, avec les vilains, pour en exploiter les ressources. Cultiver, engranger ont été leurs premières préoccupations. Restait à transformer le blé en farine pour le pain quotidien. Pas de farine sans les meules d’un moulin.

La rivière Hozain n’offrait pas vraiment, tout au moins dans le village même, une dénivellation propre à en établir un. D’où l’idée de la dérivation, qu’on appelle aujourd’hui Fausse Rivière. Il s’agissait de détourner une partie de cette eau qui, de Lantages ou de plus loin encore, s’en venait arroser Rumilly avant de s’en aller rejoindre la Seine, une dérivation dont le cours accuse une pente régulière et suffisamment rapide, capable de faire tourner les pales d’une roue de moulin.

Le terrain le permettait. Il suffisait qu’à un endroit expressément choisi, une partie de l’eau de la propre rivière puisse être détourné et rejoigne son nouveau cours. Une simple pierre a rempli cet office, qui a reçu le nom caractéristique de surhaut. Pour alimenter deux moulins, celui dit du Haut et l’autre appelé du Bas, le premier toujours debout qui, aujourd’hui a conservé sa roue et qu’un nommé Saget a transformé au 18ème siècle pour y installer son atelier de taillanderie, fabrication d’outils tranchants comme haches, serpes, écorçoirs, etc. Celui dit du Bas a laissé la place à un atelier d’entretien de machines agricoles après avoir été complètement démoli en 1970.

Deux moulins dont une simple pierre dite « surhaut », orthographiée souvent « sureau », a décidé du fonctionnement.


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