Le Saussinet

54

Décembre 2015

10260 - Rumilly-lés-Vaudes

 

L'école à Rumilly

de 1660 à l’an 2000

9° partie

 

1940. Tout au début de l'occupation, des soldats allemands séjournent quelque temps à Rumilly. Certains d'entre eux sont logés au premier étage du manoir, dans l'appartement autrefois réservé à l'instituteur. Pour n'être pas importuné par eux, le maître écrit “SCHULE”, à la craie, en grosses lettres, sur la porte de sa classe.

Admis à la retraite en 1941, Henri Mothré et son épouse laissent leur appartement, face à l'église Saint-Martin, et le soin de leurs classes, à Jean et France Daunay. Cette dernière décède en 1946, remplacée par Geneviève Disle puis par Janine Lhermey, épouse Vuibert (1949-1982).

C'est l'époque des semelles de bois qui claquent sur le plancher de la classe des petits. Une seule ampoule éclaire la classe, branchée sur le compteur de l'instituteur mais très vite, quatre globes, vont dispenser un éclairage moins parcimonieux. Au manoir, l'estrade du maître disparaît et le journal apparaît avec le texte libre, l'imprimerie, la correspondance scolaire et les fichiers auto-correctifs.

Le manoir, vue aérienne avec l’ancienne grange aujourd’hui démolie

 

Dans la cour, on joue à la grande thèque, à la balle pourrie, garçons et filles mêlés, avec le maître, les élèves espérant toujours que dure un peu la récréation et que tarde la rentrée en classe.

Chaque année, les enfants des deux écoles se réunissent, au premier étage du manoir, pour ce qu'il est d'usage d'appeler “le petit théâtre”, une suite de chants et saynètes offerts aux parents.

En même temps on apprend “à lire, à écrire et à compter” et on se prépare aux épreuves du certificat d'études qui se déroulent à Bar-sur-Seine, une dure journée pour les candidats et aussi pour le maître qui est jugé sur les résultats : bon maître si les résultats sont convenables, à dénigrer dans le cas contraire. Mais quel bonheur que l'obtention du diplôme, remis à l'issue des épreuves orales par l'inspecteur ou le délégué cantonal qui, pour l'occasion offre parfois au lauréat, un dictionnaire.

C'est alors, pour la plupart des enfants, l'entrée dans la vie active. Privilégiés sont ceux qui ont été acceptés en sixième de collège.

Trois classes. Le groupe scolaire.

Dans les années qui suivent la Libération, le nombre des élèves ne cesse d'augmenter, qui nécessite l'ouverture d'une troisième classe ; on l'installe au manoir, au rez-de-chaussée, face à celle qui existe depuis 1904 et on la confie à Françoise Bouscatié avant que se construise le groupe scolaire.

C'est une gageure, une entreprise qui s'avère difficile que d'envisager la construction d'une école neuve, tant l'habitude fait qu'on se contente facilement de ce qui est. Mais l'idée prend corps, la plupart des parents sentent la nécessité de donner à leurs enfants de meilleures conditions de travail, un lieu d'études meilleur que ce manoir, froid en hiver, mal éclairé, et cette classe quasi enterrée dans laquelle s'entassent les tout petits.

Un terrain se trouve, situé au centre de l'agglomération, à égale distance des hameaux de Nicey, du Bochot et du Long du Bois. La famille Mégret accepte de le céder. Les plans sont acceptés et les murs s'élèvent, quatre classes et une petite salle annexe pour le bâtiment scolaire proprement dit. Une autre construction séparée comprend trois logements pour les maîtres au-dessus d'un préau, d'une salle de douches municipales (6 cabines) et d'une petite pièce destinée à accueillir le secrétariat de mairie. L'ensemble bénéficie du chauffage central.

Le groupe scolaire en construction en 1956

Les circonstances sont financièrement favorables puisque Rumilly est classé en zone touristique et l'ensemble du groupe peut bénéficier d'appréciables subventions ce qui n'entraîne, pour la commune, qu'une dépense relativement raisonnable.

Jean Daunay, Janine Vuibert, Yvonne Legrand-Mansuy, occupent les logements. Le matériel scolaire des classes est entièrement rénové. Il est demandé aux parents de munir leurs enfants d'une paire de chaussons et aux élèves (et aux maîtres) de se déchausser avant de fouler le parquet des classes. La salle qui n'est pas encore occupée accueille, en 1975, une classe maternelle que prend en charge Liliane Beauger secondée dans sa tâche, par une aide-maternelle, Andrée Souèvre-Coffinet. (Cette classe accueille quelques enfants de Vaudes).

 

Christ en croix

Ouragan de 1739, registre de Fabrique, page 92

Et à l’instant les dits Sr Curé et habitants nous aiant représenté que le vent qui entre à l’église par la vitre entièrement détruite du côté nord pouvait jeter par terre le christ qui a déjà beaucoup été ébranlé par l’ouragan et pour lui éviter la chute et le brisement qui en pourrait arriver nous avons fait descendre le dit Christ et placé icelui dans une des chapelles de l’église.

Il faut comprendre le mot « descendre » comme « déposer car ce Christ que l’on connaît aujourd’hui, érigé sur son solide socle de pierre devait être posé au sol. Comme il l’est encore actuellement.

Où donc pouvait-il se trouver ? Le plus probablement sous la première ogive, entre le pilier d’entrée et celui, le plus imposant, qui conforte la tourelle du clocher.

Et c’est là qu’il serait bon qu’il soit, un jour, remis en place.


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