Le Saussinet n°65

Décembre 2016

10260 - Rumilly-lés-Vaudes

Chaussepierre, les templiers et la sainte (Partie 1)

On sait peu de choses sur les origines du domaine de Chaussepierre sinon qu’autrefois, aussi loin qu’on puisse remonter, il était en la possession du sire de Chappes.

Chaussée de pierre.

La chapelle en ruines

Une voie romaine lui aurait donné son nom (Adnot. Notice sur Rumilly-lés-Vaudes dans Almanach de Bar-sur-Seine. 1865), celle qui, partant de Troyes, s’en serait allée vers Nuits-sous-Ravières passant sur le territoire du village de Rumilly.
(Pierre Pion, “seigneur” de Rumilly, fit construire vers 1530 le manoir des Tourelles, il en fit ériger un autre tout semblable à Ravières)

Il est possible d’évoquer le tracé de cette antique chaussée, sur la crête de la colline qui longe la rive gauche de la Seine.

Après avoir traversé le hameau de Nicey, on la voit s’enfoncer dans la forêt où elle tend à disparaître parce qu’inutilisée, quoique on lui conserve encore le nom de Chemin des Romains.

Avant de franchir l’Hozain, non loin des Bordes-Lantages, à l’autre extrémité du massif forestier, elle côtoie une curieuse levée de terre rectangulaire dont les archéologues diront peut-être un jour si elle est due au travail de l’homme ou simple curiosité de la nature.

Outre le nom de Chaussepierre, le tracé rectiligne de la voie et le fait que d’anciens auteurs l’aient, de leur côté, citée, semblent accréditer la thèse selon laquelle elle aurait été créée - ou tout au moins utilisée - pendant la période gallo-romaine.

 Nous aurions aimé cependant que l’examen du sol vienne confirmer cette affirmation ou tout au moins justifier le mot “pierre” qui évoque une route pavée comme certaines l’étaient à cette époque lointaine.

Or, en 1966, une tranchée fut creusée qui était destinée à recevoir les conduits nécessaires à l’adduction d’eau du village ; elle suivait le chemin de la Voie aux Ânes qui correspond exactement, entre Montceaux et Chaussepierre, passant par Cères et l’Hôpiteau, à cette chaussée dont nous venons de supposer le cheminement à travers notre territoire ; nous avons suivi ce fossé pas à pas ; seuls, quelques tessons de poterie gallo-romaine nous sont apparus, à quelques 600 mètres à l’ouest de la ferme, à hauteur d’un pont de pierre que les anciens du village ont encore connu et nous avons cru voir, traversant la route qui va de Nicey à Chaussepierre, à près de 60 cm de profondeur, un lit de pierres bleues (3) liées entre elles par une espèce de ciment ocreux. (Il s’agit de lumachelle, une roche sédimentaire (sédiment fossilisé) contenant un grand nombre d'organismes fossiles entiers ou brisés.)

Nous n’avons donc rien trouvé qui nous permette d’affirmer que cette voie ait été autrefois dallée en tout ou en partie ; la légende demeure.

Au-dessus de la source, une statue de plâtre


 

Les Templiers

 

Faute de documents plus anciens, il nous faut arriver d’une traite au treizième siècle.

A cette époque, le domaine compte quinze feux et relève d’Aumont (4) en arrière-fief. Il dépend directement de Clérambaud, sire de Chappes qui en fait don aux Templiers.

Ermanjart (A. Roserot. Dictionnaire de la Champagne méridionale.) ou Ermanjarde (5) de Chaussepierre apporte lors de son mariage avec Thomas de Buxeuil, ce qu’elle possède de ce fief. Dès qu’elle est veuve en 1247 (Abbé Pétel. La Maison de Cères-lés-Montceaux), elle engage sa part du domaine au Temple pour 200 livres et 60 sols provinois tout en s’en réservant l’usufruit ainsi que le droit, pour ses héritiers, de racheter la terre en en remboursant le prix.

Cela n’intéresse pas son fils Guillaume dit le Roi qui, après le décès de sa mère, renonce à tous ses droits sur Chaussepierre en échange de 30 livres.

Les Templiers étaient donc installés à Rumilly ou tout au moins sur son territoire.

On a dit et on affirme encore qu’un souterrain reliait cette possession des moines guerriers à leur maison de Cères ; on peut d’ailleurs apercevoir la trace de cette construction supposée ; il s’agit d’une butte peu proéminente mais large de quelques mètres qui file tout droit à travers les Prés d’en Bas, entre les deux fermes.

 

La Rocatelle

 

Chaque année, le 16 juin, à l'initiative de M. Lacroix, ancien maire de Jully sur Sarce, président du Comité du souvenir, devant le monument érigé avec le concours des Anciens du 151e RI, il est rappelé que le 15 juin 1940, 40 prisonniers ont été massacrés, dont la liste a été établie par Henri Mothré, instituteur à Rumilly, une liste malheureusement disparue de la mairie de Jully sur Sarce.

Ce qui n'a pas encore été dit c'est qu'il se trouvait parmi ces soldats un religieux, frère Hyacynte, novice de l'ordre des dominicains, au civil Gabriel Musard.

M. Lacroix en a été avisé par lettre datée en septembre 2016.

 


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